/*

Le pliocéne

Vous êtes ici : Accueil » Archéologie » Le pliocéne
Le pliocéne

 

 

 

 

 

 

La géographie du Pliocène est proche de celle d’aujourd’hui.
Les événements les plus intéressants d’un point de vue paléobiogéographique sont l’établissement de l’isthme de Panama, qui sépare l’Atlantique du Pacifique et forme une continuité continentale entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, et le rapprochement entre l’Australie et l’Asie du Sud-Est, qui ne provoque pas de connexion continue entre Eurasie et Australie, mais n’en a pas moins quelques conséquences sur l’histoire de la faune australienne.

L’Antarctique

Pteropus poliocephalus

Au Pliocène, l’Antarctique, isolé et largement couvert de glace, préfigure le continent désert d’aujourd’hui. Seul son littoral est peuplé de phoques, d’otaries, de manchots et d’oiseaux.

Au Pliocène, le continent australien demeure isolé des autres terres émergées et l’évolution des mammifères endémiques, marsupiaux et monotrèmes, s’y poursuit.
Un des phénomènes importants durant cette période est, il faut le souligner, l’aridité croissante du climat. Elle culminera avec l’installation du grand désert qui couvre aujourd’hui une bonne partie du centre de ce continent. Une des conséquences notables de ce changement climatique est la diversification des kangourous, adaptés jusqu’alors aux prairies et aux steppes, qui deviennent nombreux et variés, avec des formes de grande taille.
Mais il y a un autre événement non négligeable pour l’histoire de la faune de ce continent, c’est la dérive vers le nord-ouest de l’Australie qui la rapproche suffisamment de l’Asie du Sud-Est pour que des échanges fauniques puissent avoir lieu avec elle. 11 ne s’agit pas à proprement parler de l’établissement d’une connexion terrestre continue, mais plutôt des débuts de la mise en place de la configuration biogéographique compliquée qui caractérise aujourd’hui encore la région des îles de la Sonde, avec les « lignes » zoogéographiques et phytogéographiques séparant le domaine australien de la région dite « orientale », qui comprend le sud et le sud-est de l’Asie. La plus célèbre de ces lignes est celle de Wallace, du nom du codécouvreur avec Darwin de l’évolution par sélection naturelle, qui fit de nombreux voyages à travers les îles de la Sonde et mit en évidence la « frontière » biogéographique qui traverse cette région. La ligne de Wallace passe par l’Indonésie, séparant les îles de Bali et de Lombok, et Bornéo des Célèbes. La région australienne est située à l’est et la région orientale à l’ouest.
Quoi qu’il en soit, le rapprochement entre l’Australie et l’Asie du Sud-Est a permis, dès le début du Pliocène, l’arrivée sur les terres australiennes de rongeurs d’origine asiatique, parvenus jusque-là par dispersion passive d’île en île et transportés sans doute sur des radeaux naturels tels que troncs d’arbres ou autres débris végétaux flottant sur la mer.
Ils constitueront, avec les chauves-souris parvenues auparavant par la voie des airs, les seuls mammifères placentaires présents en Australie avant l’arrivée de l’homme et des animaux qu’il y importa, du chien au chameau et du lapin au buffle.

L’Amérique du sud et l’Amérique du nord

Thylacosmilus

Un des grands événements paléobiogéographiques du Pliocène est la formation de l’isthme de Panama qui met fin à la séparation entre l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord qui durait depuis le Crétacé supérieur. L’établissement de cette connexion terrestre a des conséquences diverses. Les faunes marines de l’Atlantique et du Pacifique se trouvant séparées évolueront dès lors dans des directions divergentes.
En revanche, pour les faunes terrestres, c’est à un vaste brassage des éléments nord et sud-américains que l’on assiste. Ce «grand échange interaméricain », débutant au Pliocène et se poursuivant au Pléistocène (c’est pourquoi il vaut mieux ne pas séparer les deux époques dans la description du phénomène) aura des conséquences considérables sur les faunes des deux continents, notamment au détriment des animaux endémiques sud-américains.
Dans certains cas, en effet, les arrivants nord-américains durent entrer en compétition assez directe avec des formes sud-américaines endémiques. On connaît par exemple dans le Pliocène d’Amérique du Sud un étrange marsupial carnivore, nommé Thylacosmilus, qui se signale par le très grand allongement des canines de sa mâchoire supérieure. Il s’agit en somme d’une version marsupiale des félins à canines en forme de sabres qui évoluèrent à plusieurs reprises au Tertiaire en Eurasie et en Amérique du Nord. De tels félins parvinrent en Amérique du Sud durant le grand échange interaméricain, et il est probable que la concurrence entre eux et Thylacosmilus fut fatale à ce dernier.

Il ne faudrait pas croire, cependant, que tous les ani-maux ayant évolué lors du long isolement de l’Amérique du Sud se révélèrent nécessairement inférieurs à ceux venus d’Amérique du Nord. Lors du long processus d’échanges fauniques, certains animaux originaires d’Amérique du Sud utilisèrent en effet l’isthme de Panama pour se disperser vers le nord et parvenir sur le continent nord-américain. Certains s’y implantèrent avec succès, puisqu’ils s’y trouvent encore : c’est le cas notamment des opossums, des tatous et des porcsépics.
On constate qu’au cours du Pliocène, dix genres de mammifères sud-américains parvinrent en Amérique du Nord, tandis que de ce dernier continent, dix genres

firent aussi le voyage, mais dans l’autre sens. Au début du Pléistocène, cinq genres sud-américains supplémentaires passèrent au nord, et onze genres nord-américains au sud, ce qui donne un léger avantage aux animaux nord-américains.
Parmi les animaux nord-américains parvenus en Amérique du Sud à l’issue de ce grand échange, il faut citer les camélidés (représentés aujourd’hui en Amérique du Sud par les lamas, alors qu’ils se sont éteints en Amérique du Nord), les cervidés, les pécaris, les chevaux, les proboscidiens, les félidés, les canidés, et d’autres encore.
Les immigrants sud-américains parvenus en Amérique du Nord comprennent, on l’a vu, les opossums, les porcsépics et les tatous, mais aussi des formes aujourd’hui éteintes comme par exemple les paresseux géants, les glyptodontes (sortes de tatous gigantesques à la carapace rigide), et les grands oiseaux coureurs carnivores de la famille des phorusracidés.
Les faunes actuelles des deux Amériques ne reflètent plus complètement ce brassage dû à l’émersion de l’isthme de Panama car, à la fin du Pléistocène, une vague d’extinction a appauvri les deux communautés animales.

L’Eurasie

Glossotherium

La faune pliocène de l’Eurasie est évidemment à certains égards dans la continuité de celle du Miocène supérieur, avec le développement de mammifères tels que les antilopes et les girafes, adaptés aux vastes prairies, savanes et steppes qui s’étendaient alors à la suite de changements climatiques.
Le réchauffement de l’actuelle Europe y autorisait la vie, limitée aujourd’hui aux climats dits tropicaux, de certains mammifères comme les hippopotames dont on a trouvé des restes datant de cette période jusqu’en Angleterre.
A cette faune était venu s’ajouter vers la limite entre le Miocène et le Pliocène un « cheval » à trois doigts, Hipparion , venu d’Amérique du Nord via la région du détroit de Béring, et qui, bien adapté à ces milieux ouverts, ne tarda pas à se répandre dans toute l’Eurasie et jusqu’en Afrique.
Néanmoins, au Pliocène, les échanges entre l’Amérique du Nord et l’Eurasie furent relativement limités (peut-être à cause de la haute latitude de la connexion terrestre de la région du Pacifique Nord).

L’Afrique

Geochelone pardalis

La faune pliocène de l’Afrique comporte certes des éléments qui paraîtraient aujourd’hui étonnants, comme le proboscidien Deinotherium , mais

Coelodonta

à bien des égards elle évoque déjà celle qui peuple encore (pour combien de temps ?) les savanes de l’Afrique de l’Est et du Sud, avec ses antilopes, ses équidés, représentés alors par Hipparion, ses rhinocéros et ses proboscidiens.Il est beaucoup plus difficile de se prononcer quant à la faune forestière qui habitait, à n’en pas douter, les régions humides couvertes par la forêt équatoriale, car les gisements fossilifères correspondant à de tels milieux sont encore extrêmement mal connus et risquent de le rester longtemps.
D’un point de vue anthropocentrique, l’Afrique pliocène est d’un grand intérêt, en tant que berceau vraisemblable de la famille humaine.
C’est en Afrique orientale qu’ont été trouvés les restes des plus anciens hominidés connus à ce jour, des représentants primitifs du genre Australopithecus, qui eut sans doute très tôt une vaste répartition sur le continent africain, comme le montrent de récentes découvertes au Tchad.

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié