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L’impérialisme japonais

Vous êtes ici : » » L’impérialisme japonais ; écrit le: 30 avril 2012 par La rédaction

L’impérialisme japonais

L’impérialisme japonais constitue un cas à part. À l’origine, le Japon était l’un des pays asiatiques  « ouverts » par la force occidentale au xixc siècle avec les « traités inégaux » qui accompagnèrent cette politique de la canonnière. Mais sa « modernisation », fondée sur l’adoption des techniques occidentales, s’appuya largement sur ses ressources internes. Ayant réussi à conserver l’essentiel de son indépendance… économique et politique, le Japon acquit l’égalité de traitement avec les Occidentaux à l’occasion de sa guerre avec la Chine en 1894-1895, qui débouchera sur la conquête de la Corée et de Formose (Taïwan). Il devint par là même un acteur de l’impérialisme collectif en Chine. Sa victoire sur la Russie en 1905 lui ouvrit la voie de la conquête de la Mandchourie.



Dans l’entre-deux-guerres, le Japon est devenu une puissance industrielle. Comme il dispose de peu de matières premières, sa dépendance envers le commerce mondial croît constamment. Les produits japonais commencent à pénétrer sur le marché mondial grâce à leurs bas prix et en dépit de leur faible qualité (on parle alors de la « camelote japonaise ») tandis que ses investissements se concentrent sur la Chine avec une répartition entre finances et investissement direct analogue à celle des puissances occidentales.

L’évolution générale des années 1930 se fait contre les intérêts japonais. Sur le marché mondial, les produits japonais sont victimes de l’effondrement des échanges et des mesures protectionnistes. En Chine, l’impérialisme collectif est remis en cause par le nationalisme chinois, de gauche comme de droite. Le militarisme japonais se lance alors dans une politique d’expansion territoriale destinée à assurer à la fois l’accès aux matières premières et la constitution de

marchés protégés pour assurer l’autosuffisance. L’idéologie parle de « solidarité asiatique » et de « sphère de co-prospérité », mais l’expansion se fait au détriment des autres peuples asiatiques, durement traités, bien que la mise en valeur se traduise par une réelle politique d’industrialisation. L’Empire japonais se pose comme l’adversaire de l’Europe, mais il en adopte, tout en le renversant, le discours racial. On lutte contre l’homme blanc en massacrant surtout des populations jaunes.

Le choix de la voie militaire se heurte à la réalité créée par la Première Guerre mondiale. Le pétrole est devenu indispensable pour faire la guerre, or l’Empire japonais ne dispose pas de source de production. Quand le Japon occupe l’Indochine française en 1941, les États-Unis répondent par un embargo sur les exportations de pétrole et exigent l’évacuation des principales conquêtes, d’où l’entrée en guerre du 7 décembre 1941.

Le cas japonais combine une structure militariste de type schumpetérien et une motivation économique que l’on ne trouve nulle part ailleurs à un tel degré. L’idéologie y joue sa part, avec la volonté d’égaler les puissances « blanches », voire de les éliminer d’Asie. Mais avant 1930, rien ne distingue vraiment le Japon des puissances impériales occidentales. C’est la remise en cause de l’ordre impérialiste et l’effondrement des échanges mondiaux qui poussent le pays sur la voie de l’expansion territoriale tous azimuts. Même si la conquête japonaise portera un coup mortel aux possessions territoriales européennes en Asie, il ne faut pas se dissimuler que ce sont les autres peuples asiatiques qui en sont les victimes durables, d’où la création d’un puissant ressentiment qui resurgira plusieurs décennies plus tard.

Vidéo : L’impérialisme japonais

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