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Mythologie germanique

Vous êtes ici : » » Mythologie germanique ; écrit le: 13 février 2012 par La rédaction

Les Romains Mythologie germanique 231x300 - Mythologie germanique

Cette mythologie, répandue dans les régions de l’Europe occupées par les Germains (sud de la péninsule Scandinave et Allemagne du Nord), accuse des parentés avec celles des peuples voisins, notamment Celtes et Romains.



Le monde des dieux germaniques

Au commencement ont été les géants (les trolls) ; ils personnifiaient les phénomènes naturels. Les dieux sont leurs enfants. Les premiers hommes naitront, par la volonté des dieux, de l’herbe ou de la glace fondue.

Lunivers se présente sur trois niveaux : le ciel où règnent les dieux, la terre des hommes, également fréquentée par les dieux (les dieux ayant tous figure humaine) et confiée à la déesse Nerthus, et le séjour îles morts, gouverné par la déesse Hel.

Les dieux, de naissance, appartiennent à deux races ennemies : l’une guerrière, les Ases, l’autre pacifique, les Vanes. Après s’être longtemps opposés dans des conflits sanglants, ils finiront par se réconcilier, dans l’espoir de se débarrasser ensemble des géants, dont ils contestent les attributions.

 

Le dieu Odin ou Wotan

Le roi des Ases, Odin (également appelé, selon les régions, Wotan), après s’être imposé devant ses deux frères Thor (également appelé Donar) et Tyr (également appelé Tinz), est devenu le principal dieu des Germains.

Dieu de la Guerre mais aussi de la Poésie et de la Sagesse (il a consenti à perdre un œil pour devenir plus sage), Odin règne dans le Walhalla, séjour sacré des dieux, où sont également accueillis les guerriers tombés en héros. Il est l’époux de Frigga, déesse de la Fécondité, souvent confondue avec Freyja, déesse de l’Amour, appartenant à la race de Vanes.



Autour d’Odin s’affairent les Valkyries, déesses vierges, servantes et guerrières blondes aux yeux bleus. Ce sont elles qui offrent la bière et l’hydromel aux hôtes du Walhalla ; ce sont elles aussi qui décident qui aura la victoire sur le champ de bataille et qui aura l’honneur de périr en combattant.

Il arrive qu’Odin provoque lui-même la mort d’un héros dont il souhaite la compagnie dans le Walhalla. Ce fut le cas de Siegmund. Odin lui avait

procuré une épée magique, grâce à laquelle il avait multiplié les prouesses. Or, au cours d’un nouvel aflrontement, Siegmund vit apparaître un vieillard borgne de haute taille, coiffé d’un grand chapeau, drapé dans un ample manteau et porteur d’une longue lance. C’était le dieu Odin : il braqua sa lance sur Siegmund, dont l’épée se brisa aussitôt. Siegmund se trouva alors à la merci de son adversaire, qui l’abattit.

Avant de mourir, Siegmund pria qu’on recueillît les tronçons de son épée : si son fils, Siegfried (Sigurd des Scandinaves), parvenait à les souder, il connaîtrait un jour les mêmes triomphes qu’il avait personnellement connus. Le poème épique de l’Allemagne médiévale, La Chanson des Nibelungen, conte les exploits surhumains de Siegfried.

Un autre épisode de la légende d’Odin rapportait qu’il se perça lui-même de sa lance, subissant ainsi la mort pendant neuf jours, afin de ressusciter doté d’une nouvelle jeunesse.

Thor et Tyr

Les Romains compareront le dieu Odin à Mercure. C’est le dieu Thor, frère d’Odin, qu’ils assimileront à leur Jupiter. Divinité du tonnerre, armé de son marteau de pierre, Thor représente le type idéal du guerrier germanique, rude, infatigable, invincible ; son emblème* est la croix gammée.

Tyr, divinité du ciel, est rapproché du dieu Mars. Il est présente manchot ; en effet, ayant courageusement mis la main dans la gueule d’un loup mons­trueux que les dieux voulaient enchaîner, il avait vu sa main tranchée d’un coup de crocs.

Elfes et nains

Hors du Walhalla, des êtres mystérieux de petite taille sont organisés en sociétés : les elfes et les nains.

Les elfes, légers et malins, hantent les rivières et les forêts ; ils se plaisent au jeu et dansent la nuit au clair de lune.

Les nains, barbus et contrefaits mais ingénieux et savants, vivent dans les profondeurs des montagnes. Ils en creusent les flancs pour arracher à la terre pierres et métaux précieux. La Chanson des Nibelungen conte que le héros Siegfried convoita le trésor du roi des nains ; il dut soumettre le redoutable nain Alberich qui en avait la garde et put ainsi s’en rendre maître.

Présence des esprits

Enfin, des êtres mythiques, les esprits, sont incessamment présents dans l’entourage des hommes.

Entre autres, trois d’entre eux, représentant le destin, agissent directement sur l’histoire de chacun. Ce sont les nornes, trois fileuses (rappelant les Moires des Grecs) qui personnifient le Passé, le Présent et l’Avenir.

De même, les âmes des morts interviennent dans la vie des Germains, qui les craignent et les honorent. Elles peuvent se réincarner, parfois sous forme animale, pour tourmenter les vivants.

Loki, le Satan des Germains

Le nom de Loki se rattache à une racine évoquant le feu. Ce dieu de la race des Ases est une réplique du Satan de la tradition biblique. Sa malignité*, ses trahisons, ses crimes lui ont valu l’hostilité de tous les autres dieux ; aussi prend-il plaisir à se venger sur leurs proches, leurs épouses qu’il séduit ou leurs enfants.

Ainsi, Balder, fils d’Odin et de Frigga, dieu de la Lumière, pourvu de tous les dons du corps, du cœur et de l’intelligence, sera pour Loki une victime idéale. Les dieux, les hommes, les bêtes, les arbres et les rochers, tous pleureront la mort de Balder.

Pour les Germains, les dieux ne sont pas immortels, et Balder a subi le sort des humains. Après avoir exprimé leur peine, les dieux décident de châtier l’odieux Loki et ils le chargent de chaînes. Mais Loki s’évade et se rend auprès des géants, chez qui il sait trouver un précieux concours pour attaquer les dieux.

Le Crépuscule des dieux

Le défi est lancé. Ases et Vanes, réunis sous la conduite d’Odin, à la tête de guerriers innombrables, assistés des Valkyries, résistent à l’assaut des géants. Mais voici que surgit du rang ennemi le loup sanguinaire qui a jadis mutilé le dieu Tyr. Odin se précipite sur lui, mais le monstre, qui n’est autre qu’un géant métamorphosé en loup, dans sa vaste gueule engloutit le père des dieux.

Tyr part alors à la recherche de la bête ; il ne retrouvera que sa dépouille, le fils d’Odin l’ayant

assommée. Mais bondit sur lui le chien des Enfers, avec qui il luttera à mort : le chien sera tué, mais Tyr succombera à ses morsures.

Thor, de son côté, voit jaillir un énorme serpent, métamorphose d’un autre géant, exhalant un souffle empoisonné : le dieu lui fracasse la tête de son marteau, mais le poison le paralyse, et il tombe terrassé.

Les grands dieux disparus, les géants vont transformer l’univers en un immense brasier. Les océans déborderont, engloutissant la terre.

Mais, un jour, du gouffre devait émerger un inonde nouveau. Une nouvelle génération de dieux allait apparaître, à la suite de Balder ressuscité. De la rosée du matin allait naître une nouvelle race i l’homme, nos propres ancêtres. Et ceux-ci purent lire, dans les runes gravées dans la pierre, la promesse d’un bonheur qui comblera l’univers.

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