Les Romains : Les mythes de l’Histoire

> > Les Romains : Les mythes de l’Histoire ; écrit le: 13 février 2012 par La rédaction

« UAntiquité, a dit l’historien latin Tite-Live, a le pri­vilège de faire intervenir les dieux à la naissance des villes, pour leur imprimer un caractère plus auguste. » C’est ainsi que la fondation de Rome (datée de 753 avant notre ère) se trouve originairement procéder du fameux jugement de Pâris, prononcé au profit de la déesse Vénus (l’Aphrodite des Grecs) !

Énée, fils de Vénus

Or Vénus n’avait pas attendu ce verdict flatteur pour accorder ses faveurs à des Troyens : éprise du Troyen Anchise, elle lui avait donné un fils, dont le roi Priam avait fait son gendre : c’était Énée.

Tout au long de la guerre de Troie, Énée devait se manifester parmi les héros les plus vaillants. Au cours de l’effroyable dernière nuit – où périt notamment Créuse, son épouse -, il eut la vision de sa mère Vénus, qui lui ordonna de prendre la mer avec les Troyens survivants, afin d’aller reconstituer ailleurs une patrie.

Énée emmena son père et son jeune fils Iule. Après une longue errance en Méditerranée, une terrible tempête suscitée par Junon, toujours hostile aux Troyens, poussera les vaisseaux sur les rivages de l’Afrique. Ta reine de Carthage, Didon, va accueillir les naufragés et s’éprendre du héros. Mais Jupiter enjoint à Énée l’ordre de se rembarquer. Le pieux Énée obéit ; il s’enfuit sans revoir Didon, qui, de désespoir, se livrera au bûcher.

Énée en Italie

Énée aborde en Campanie. La sibylle de Cumes le conduit aux Enfers, ou il apprendra de la bouche de son père Anchise (mort au cours du voyage) l’avenir de gloire promis à sa descendance.

Il remonte ensuite les côtes italiennes et jette l’ancre à l’embouchure du Tibre. Le roi Latinus lui offre sa fille en mariage.

Latinus mort, Enée lui succédera et il installera les dieux de Troie en terre latine. Après la mort d’Énée, son fils Iule fondera la ville d’Albe, qui deviendra la métropole du Latium.

Romulus et Rémus, fils de Mars

Une dizaine de rois, descendants d’iule, se succéderont sur le trône d’Albe. Le dernier, Amulius, avait usurpé le pouvoir de son frère aîné et voué sa fille Rhéa Silvia à la déesse Vesta et au célibat.

Or le dieu Mars visita la vestale et la rendit mère de deux jumeaux, Romulus et Rémus. Furieux, Amulius fit jeter le berceau des nouveau- nés dans le Tibre alors en crue. Mais le berceau devait s’échouer au pied de la colline du Palatin, et l’on vit une louve, envoyée par Mars, offrir ses mamelles aux nourrissons ! Témoin du prodige, le berger Faustulus recueillit les jumeaux dans son foyer et les éleva.

Naissance de Rome

Quand les deux frères, adolescents, eurent la révélation de leur origine, ils levèrent une bande de compagnons pour aller rétablir leur grand-père sur le trône d’Albe. Puis ils résolurent de fonder à leur tour une ville. Qui des deux en serait le roi ? Celui qui aurait observé le nombre d’oiseaux le plus élevé. Romulus va l’emporter : il fait choix du site du Palatin. Alors qu’il trace à la charrue le fosse qui entourera les murailles, Rémus, par dérision, franchit d’un saut le sillon. Romulus dégaine l’épée et lui fend le crâne, pour conjurer* le sort et donner l’exemple.

Romulus crée un lieu d’asile, où vont affluer les aventuriers et les exclus. Pour leur procurer des épouses, il a l’idée d’organiser des jeux et invite les voisins, les Sabins. Sur un signal, les Romains se précipitent sur leurs filles et les enlèvent !

Les Sabins déclarent la guerre : mais les Sabines s’interposent entre leurs parents et leurs maris pour les supplier de faire la paix. Sabins et Romains ne formeront dès lors qu’un seul peuple.

« Faits, faux et fables. »

Tout au long de l’histoire de Rome au temps des rois et dans les débuts de la République, le mythe s’emmêlera encore avec les faits authentifiés.

C’est l’intervention de la nymphe Égérie auprès du roi Numa dans l’organisation de la vie religieuse des Romains. C’est l’épisode des trois Horaces et des trois Curiaces, marquant la mainmise de Rome sur Albe. C’est l’introduction de l’Étrusque Tar- quin à la cour du roi en qualité de gouverneur des jeunes princes, masquant l’invasion conquérante des Étrusques. C’est le drame de Lucrèce*, outra­gée par le fils du roi étrusque et vengée par le peuple : symbole de la réaction nationale de Rome secouant le joug étrusque. Ce sont, dans la guerre tic libération contre les Étrusques, les exploits d’Horatius Coclès, défenseur d’un pont à lui tout seul ; de Mucius Scaevola, offrant sa main droite au brasier pour n’avoir pu tuer le roi ennemi ; de la jeune Clélie, prise en otage et traversant le Tibre à la nage pour échapper à la capture.

C’est aussi l’apparition des Dioscures, Castor et l’ollux, venus miraculeusement secourir la cavale­rie romaine aux prises avec une dernière attaque étrusque, et allant, au galop de leurs coursiers blancs, annoncer la victoire aux Romains en plein forum !

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