Langue d'oc et langue d'oïl: langue d'oc et langue d'oil

La langue d’oïl désigne l’ensemble des parlers romans nés du latin dans la moitié nord de la France et dans le sud de la Belgique ; le français en est issu. Son nom vient de la façon de dire « oui » : oïl au nord, oc au sud. On parle d’ailleurs plus volontiers aujourd’hui des « langues d’oïl », au pluriel, tant ce domaine réunit de variétés distinctes.
D’où viennent les mots « oïl » et « oc » ?
Le latin classique n’avait pas de mot unique pour « oui ». Les locuteurs de Gaule ont pris l’habitude d’acquiescer par un démonstratif : hoc (« cela ») au sud, qui a donné oc ; hoc ille au nord, qui a donné oïl, puis le « oui » du français moderne. Au début du XIVe siècle, Dante, dans son traité De vulgari eloquentia, classait déjà les langues romanes selon ce critère : langue d’oc, langue d’oïl et langue du sì (l’italien).
Naissance de la langue d’oïl et de la langue d’oc
Au fil du haut Moyen Âge, le latin parlé en Gaule s’est profondément transformé, dans son vocabulaire comme dans sa syntaxe et sa prononciation. Les contemporains en ont pris conscience : en 813, le concile de Tours demande aux prêtres de prêcher dans la rustica romana lingua, la langue romane rustique, pour être compris des fidèles. Les Serments de Strasbourg, en 842, passent pour le plus ancien texte conservé en langue romane du domaine d’oïl.
Cette langue romane ne s’est pas différenciée de la même façon partout. Au nord, l’influence germanique des Francs a été plus forte et l’évolution phonétique plus rapide ; au sud, les parlers sont restés plus proches du latin. Le Midi a aussi conservé des mots d’origine grecque, hérités des anciennes colonies comme Marseille, notamment dans le vocabulaire de la marine, de l’agriculture ou du temps qu’il fait, alors que le nord les a presque toujours reçus par l’intermédiaire du latin.
Les langues d’oïl aujourd’hui
Le domaine d’oïl couvre un ensemble de parlers apparentés, dont :
- le français, issu des parlers de l’Île-de-France et devenu langue de l’État ;
- le picard et le wallon, au nord et en Belgique ;
- le normand et le gallo, à l’ouest ;
- le poitevin-saintongeais, au sud-ouest du domaine ;
- le champenois, le lorrain, le bourguignon et le franc-comtois, à l’est.
L’essor du français, langue du roi, a peu à peu relégué ces parlers au rang de langues régionales. L’ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, impose le « langage maternel françois » dans les actes de justice et d’administration, à la place du latin.
Langue d’oïl et langue d’oc : quelles différences ?
La langue d’oc, ou occitan, est parlée dans le tiers sud de la France. Elle se divise elle aussi en grands dialectes : provençal, languedocien, gascon, limousin, auvergnat et vivaro-alpin. Le provençal n’est donc qu’une de ses formes, et non la langue d’oc tout entière. Au Moyen Âge, elle fut la langue des troubadours, tandis que la langue d’oïl était celle des trouvères et des chansons de geste.
Entre les deux domaines, une zone de transition au centre-est (Lyonnais, Savoie, Suisse romande, Val d’Aoste) abrite le francoprovençal, qui partage des traits de l’une et de l’autre. La frontière entre oc et oïl n’a jamais été une ligne nette : elle se dessine par un faisceau de différences de prononciation et de vocabulaire, qui traverse grossièrement la France du Poitou aux Alpes en passant au nord du Massif central.
Retenir la distinction est simple : dire oïl pour « oui », c’est parler une langue du Nord, dont le français est l’héritier ; dire oc, c’est parler occitan.




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