Méditerranée : Faune des continents et faune des îles

> > Méditerranée : Faune des continents et faune des îles ; écrit le: 11 mai 2012 par La rédaction

Les mammifères sauvages du bassin méditerranéen ne sont pas très différents de ceux des régions voisines d’Asie ou d’Afrique. Ils ont connu un déclin progressif et inégal, sans doute du fait de l’intervention de l’homme. Les éléphants ont disparu d’Europe et d’Asie au Paléolithique, alors que les lions ont survécu en Grèce jusqu’à la période classique, et en Algérie jusqu’aux Temps modernes. Mais tous les mammifères sauvages n’ont pas disparu : les ours sont encore présents dans certaines régions isolées et le cochon sauvage prolifère, même dans les zones arides — alors qu’il a théoriquement besoin d’humidité —, en Espagne et en Italie, mais pas en Grèce.

On trouve encore le chacal en Grèce — il est même abondant sur le mont Athos, la « montagne sainte » des moines orthodoxes. L’introduction la plus notable est celle du rat noir, venu des Indes à l’époque romaine, et qui eut des conséquences particulièrement néfastes : l’animal fut en effet le vecteur de la peste.Les principaux animaux domestiques semblent avoir été initialement apprivoisés hors du bassin méditerranéen. Ils ont sans doute supplanté la plupart des grands herbivores primitifs à dater du Néolithique. Le chat domestique fut le dernier venu. Les vaches, autrefois aussi répandues en Méditerranée que les moutons et les chèvres, sont devenues plus rares au XXe siècle dans la plupart des régions arides.

Pour ce qui est de leur faune, les îles forment des mondes à part. La plupart se caractérisent par un groupe de mammifères sauvages propre s’étant installé au gré des circonstances. L’évolution d’une espèce s’est révélée différente selon qu’elle vivait sur une île ou sur un continent. Les grands carnivores n’ayant pas réussi à prendre pied sur les îles, la faune y reste encore de nos jours très déséquilibrée. La Crète a possédé un éléphant de la taille d’un veau, un hippopotame terrestre grand comme un cochon et plusieurs espèces de cerfs inaptes à la course, faute de prédateur. On y trouve aussi  une étonnante quantité de rongeurs mais il n’v a guère en fait de carnivores que le blaireau et une espèce de hibou géant, incapable de voler. Une seule sorte de souris et une seule de musaraigne y subsistent encore.

L’homme est arrivé tard sur les îles. En Crète, aucune présence humaine n’est signalée avant le Néolithique. Il a parfois coexisté avec les mammifères sauvages pendant des siècles avant de les éradiquer — c’est notamment le cas à Chypre et en Sardaigne. Les premiers hommes qui ont atteint les îles ont dû les trouver en état de « surpâturage » : en l’absence de tout prédateur, les populations herbivores n’y étaient régulées que par les ressources végétales.

Des plantes venues d’ailleurs

Parmi les cultures de base, l’olivier et certains légumes sont originaires de régions méditerranéennes. Nés au Proche-Orient, dans un milieu naturel voisin de l’environnement méditerranéen, le blé et l’orge ont pu être acclimatés sans difficulté au Néolithique. La vigne, originaire d’Europe centrale, était a priori moins bien adaptée au climat méditerranéen, mais elle fut sans doute domestiquée à partir de plants venus des montagnes de Crète.

La Méditerranée a emprunté ses produits agricoles à presque toutes les régions du monde, sauf à celles qui partagent le même climat méditerranéen, en Californie, au Chili, en Afrique du Sud et en Australie. Dans l’Antiquité, pêchers, caroubiers et figuiers sycomores (Ficus sycomorus) sont venus du Proche-Orient ; les mûriers blancs, d’Extrême-Orient ; le palmier dattier, d’Afrique. Au Moyen Âge, les pommes sont venues d’Europe centrale (et plus tard d’Asie centrale) ; les citronniers, le riz, la canne à sucre, le mûrier noir et le coton, d’Asie du Sud-Est et de Chine. Depuis la fin du Moyen Âge, certaines régions d’Italie et d’Espagne sont presque aussi dépendantes des récoltes de riz que le Japon. Dans les cent cinquante dernières années, l’aubergine et le pin des Canaries sont arrivés d’Afrique ; le kiwi, d’Asie du Sud-Est. L’eucalyptus vient d’Australie, mais d une région qui n’est pas soumise au climat méditerranéen.

Les contacts établis entre l’Europe et le continent américain ont eu des répercussions importantes sur les cultures et, à un moindre degré, sur les paysages : le maïs a été acclimaté dès la découverte de l’Amérique, le tabac un peu après, le figuier de Barbarie et l’agave au XVIIIe siècle. La tomate, la pomme de terre, le haricot vert, le tournesol et les espèces américaines de coton n’ont pas été adoptés avant le XIXe siècle. Parmi les introductions plus récentes, il faut mentionner le Pinus radiata et l’avocat. La cuisine grecque contemporaine est presque entièrement fondée sur des plantes américaines.

A l’exception du blé et de l’orge, les plantes exotiques cultivées en Méditerranée sont mal adaptées à l’environnement. Ce qui explique en partie les modes d’agriculture intensive pratiqués exclusivement sur les parcelles les plus fertiles, le reste des terres étant alloué à l’élevage. Beaucoup de champs ont besoin d’être irrigués, d’où les systèmes de drainage ingénieux mis en œuvre dans les zones arides. La vigne elle- même nécessite beaucoup de travail : il faut lui aménager des terrasses, la greffer et la tailler régulièrement.

Les plantes introduites volontairement ne sont pas les seules plantes exogènes à s’être acclimatées en Méditerranée : il faut compter avec celles qui ont été importées par accident. L’oxalis pied-de-chèvre ‘Oxalis pes-caproc), par exemple, qui colonise les oliveraies, est d’origine sud-africaine. Le sorgho d’Alep (Sorgbum halepenstmauvaise herbe tropicale « universelle ». affectionne les vergers irrigués. L’acacia ou robinier d’Amérique (Robinia pseudacaaa et l’ailante de Chine .Ailanthus altissima) prolifèrent dans un milieu très différent de celui auquel ils sont a priori destinés. Les mauvaises herbes sont pourtant moins présentes que dans les autres régions du monde qui connaissent le même type de climat.

Vidéo : Méditerranée : Faune des continents et faune des îles

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Méditerranée : Faune des continents et faune des îles

← Article précédent: Méditerranée : Les plantes Article suivant: Méditerranée : Brève histoire du paysage


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles de tout le site