Union européenne

> > Union européenne ; écrit le: 13 avril 2012 par La rédaction

Une géographie nouvelle

L’Union européenne (UE), c’est d’abord, en ce début de siècle, une géographie mouvante, avec des adhésions nouvelles, bien sûr, l’Europe unie étant à six membres en 1957, à neuf en 1973, à dix en 1981, à douze en 1986, puis enfin à quinze depuis 1995, mais aussi des refus, comme celui du peuple norvégien, qui, consulté par référendum le 28 novembre 1994, repousse l’entrée dans l’Union européenne. Depuis le 1er janvier 1995, l’Union européenne est passée de douze à quinze membres, après l’adhésion de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède. Ce quatrième élargissement devrait être suivi d’autres. Comme l’a écrit André Fontaine dans sa préface à Vannée dans le monde… de 1990, « la dispari­tion du mur de Berlin et du rideau de fer a rendu au mot d’Europe son sens géographique, rendant nécessaire la définition de ce que le secrétaire d’Etat américain James Baker a appelé des nouvelles “architectures”. »

Une réorientation

« Avec les trois pays baltes et la Slovénie, on arrive actuellement à douze candidatures en voie d’examen. Dans une étape ultérieure, plusieurs autres Etats pourraient s’incorporer à l’Union : la Suisse qui, en dépit du résultat négatif du référendum du 6 décembre 1992 sur l’adhésion à l’Espace économique européen [EEE], a maintenu sa demande ; la Turquie, qui n’a jamais renoncé à la sienne, déposée en 1987, et qui, depuis le vote positif du Parlement européen du 13 décembre dernier, est liée aux Quinze par un accord d’union douanière ; les Républiques de l’ex-Yougoslavie, auxquelles la fin de la guerre en Bosnie permettra peut-être d’imiter la Slovénie en concluant avec les Quinze des accords d’association, dits européens, avec référence explicite à l’adhésion.

Une Union à géométrie variable est donc en construction dans un continent où se rétablissent les contacts entre des espaces artificiellement séparés. Par-delà un siècle et demi de cloisonnements et d’affrontements, suivant un mouvement amorcé après la Seconde Guerre mondiale, l’Europe reprend ainsi possession de sa géographie, en effaçant quelques unes des cicatrices de l’histoire.

Les Quinze ne représentent encore c]ne la moitié de la population cl un peu plus du tiers de la superficie du continent tout entier, de l’Atlantiquc à l’Oural, son environnement asiatique et méditerranéen, l’Europe constitue un Moi de près d’un milliard d’hommes. Un cadre élargi, communautaire et extra iommunautaire, s’impose donc désormais à la réflexion, sinon à l’action, b’autant que, en dépit des apparences, la notion d’espace européen est une n alité récente. Le continent n’a longtemps été qu’une expression géographique de 10 millions de kilomètres carrés, aux contours très flous. En traçant une lif.nc de démarcation étanche en son centre même, de Lübeck à Trieste, le grand i liismc de 1945 l’avait réduit au rang de “petit cap au bout de l’Asie”, pour n prendre la formule de Paul Valéry. Depuis 1989, l’ouverture des pays ex lommunistes annonce une réorientation géographique encore plus importante du continent : l’Europe a entamé la reconstitution de son centre.

L’ouverture de l’Est accuse l’ampleur des disparités régionales en Europe. ( l’est déjà vrai dans l’Union, où elles ont augmenté, malgré les mesures de renforcement de la cohésion économique et sociale. Mais à ses frontières externes, elles sont encore plus criantes. Prise globalement, l’Europe post- communiste comprend une zone développée (un tiers de la population, avec les deux tiers du PIB), entourée par une ceinture de pays à bas revenus, au sud et à l’est (deux tiers de la population avec un tiers du PIB).

L’exigence d’une réduction de ces écarts est donc une priorité, non seule­ment de l’Union européenne, mais du continent tout entier et de ses abords, compte tenu de l’importance des relations de voisinage avec la MéditeiTanée et les républiques ex-soviétiques. »

 L’ouverture à l’Est

L’effondrement des régimes communistes en Europe orientale a ouvert de nouvelles perspectives. En effet, la réunification allemande fait littéralement « entrer l’Allemagne de l’Est dans la CEE ». Elle est d’ailleurs en tant que telle approuvée par les Douze, à Strasbourg le 8 décembre 1989, puis à Dublin, le 20 février 1990. Le coût financier est supporté intégralement par l’Allemagne au début, mais se posent vite les problèmes de l’équilibre et de l’attitude de l’Allemagne « nouvelle ».

La CEE accorde d’autre part une aide économique à certains pays : accords de coopération commerciale et économique (libération progressive des échanges, facilités pour les investissements, traitement de la nation la plus favorisée, etc.) avec la Hongrie (dès le 26 septembre 1988), la Tchécoslovaquie et l’URSS (dès le 26 septembre 1988), la Pologne (19 septembre 1989), la Roumanie (10 juin 1990), etc.

D’un autre côté encore, le Conseil européen de Strasbourg (décembre 1989) décide la création de la Banque européenne pour la Reconstruction et le Dével­oppement (BERD). Comme il a été dit au chapitre 7, l’année 1990 vit la création de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement de l’Europe de l’Est), groupant les pays de l’Est (dont l’URSS), les Douze de la CEE, les Six de l’AELE et quatorze autres pays, dont les Etats-Unis. Trente-quatre pays participèrent le 15 janvier 1990 a Paris a la première réunion préparatoire a la relation de la Banque européenne .

Enfin, des pays de PKurope de I’Fst posent leur caiulidature à l’entrée dans la Communauté en 1990 et 1991. Ix 5 mai 1989, François Mitterrand, s’adressant à Strasbourg à PAssemblée parlementaire du Conseil de l’Furope pour le 40′ anni versaire de l’organisation, souhaite que des « liens plus forts » soient établis avei l’Europe de l’Est. Le 10, Catherine Lalumière est élue secrétaire générale du Conseil qui, avec l’adhésion, le 5, de la Finlande, regroupe les vingt-trois pays de l’Europe non communiste. Logiquement, F. Mitterrand propose le 31 décembre 1990    une « confédération » européenne avec les pays de l’Est. Du 12 au 14 juin de l’année suivante, se réunirent Prague les Assises de la Confédération européenne, à l’initiative de François Mitterrand.

Mais une nouvelle division n’est-elle pas en train d’apparaître en Europe, séparant les pays appelés à rejoindre la grande famille de l’Ouest de ceux voués aux incertitudes de la sphère d’influence russe ?

Vidéo : Union européenne

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