Ediacara
Ediacara désigne un ensemble d’organismes fossiles, la faune d’Ediacara, parmi les plus anciens êtres vivants pluricellulaires de grande taille connus. Ces fossiles, vieux d’environ 575 à 539 millions d’années, tirent leur nom des collines d’Ediacara, dans le sud de l’Australie. Ils ont donné son nom à la dernière période du Précambrien, l’Édiacarien.
Une découverte australienne
En 1946, le géologue australien Reginald Sprigg remarque des empreintes d’organismes à corps mou dans des grès des collines d’Ediacara, dans les monts Flinders (Australie-Méridionale). Des fossiles comparables avaient déjà été trouvés auparavant, notamment en Namibie, sans que leur âge précambrien soit reconnu. En 1957, la découverte de Charnia en Angleterre, dans des roches clairement plus anciennes que le Cambrien, achève de convaincre la communauté scientifique. On connaît aujourd’hui de tels gisements sur tous les continents, de Terre-Neuve à la mer Blanche en Russie.
L’Édiacarien, une période officielle
En 2004, l’Union internationale des sciences géologiques a créé la période de l’Édiacarien, qui s’étend d’environ 635 à 539 millions d’années. Elle commence après les grandes glaciations du Cryogénien et s’achève avec le début du Cambrien. C’était la première nouvelle période géologique définie depuis plus d’un siècle.
Des organismes énigmatiques
Les organismes d’Ediacara n’avaient ni coquille ni squelette. Ils se sont conservés sous forme d’empreintes, souvent grâce aux tapis microbiens qui recouvraient les fonds marins peu profonds. Leurs formes sont déroutantes :
- Dickinsonia, organisme plat et ovale, segmenté, pouvant dépasser plusieurs dizaines de centimètres ;
- Charnia, en forme de fronde fixée au fond ;
- Spriggina, allongée, avec une partie « tête » ;
- Kimberella, que beaucoup rapprochent des mollusques.
Leur nature a longtemps divisé les chercheurs. Pour certains, ils représentaient les ancêtres de grands groupes actuels (méduses, vers, arthropodes). Pour d’autres, comme le paléontologue allemand Adolf Seilacher, il s’agissait d’un groupe à part, les vendobiontes, organismes sans organes internes qui vivaient par échange direct avec l’eau, à la manière de « matelas » vivants, et qui se seraient éteints sans descendance. Aujourd’hui, on admet que la faune d’Ediacara est hétérogène : certaines formes sont probablement des animaux, comme Dickinsonia, dont des traces de molécules de type cholestérol ont été identifiées en 2018, tandis que d’autres restent difficiles à classer.
Après Ediacara : l’explosion cambrienne et les trilobites
La plupart des formes édiacariennes disparaissent vers la fin du Précambrien. Au Cambrien apparaissent rapidement des animaux à squelette ou à carapace, dans ce que l’on appelle l’explosion cambrienne. Parmi eux, les trilobites, arthropodes marins à carapace articulée, connaissent un succès considérable.
Apparus au Cambrien inférieur, il y a environ 520 millions d’années, ils se diversifient en milliers d’espèces avant de disparaître totalement lors de la grande extinction de la fin du Permien, il y a environ 252 millions d’années. Très abondants et répartis par provinces géographiques, ils sont de précieux marqueurs pour dater les roches et reconstituer la position des anciens continents.





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