L’arbitraire du signifié et du signifiant

> > L’arbitraire du signifié et du signifiant ; écrit le: 28 décembre 2014 par imen

Depuis le grand linguiste Ferdinand de Saussure, tous les ouvrages de linguistique parlent de signifiant et de signifié. Il est intéressant de préciser cette notion. Pour Saussure, tout signe linguistique possède un signifiant (c’est l’expression orale de ce signe ; ainsi, le mot vache qui est composé des deux sons « va » et « che ») et un signifié (c’est ce que je veux désigner : la vache, l’animal). Pour Saussure, le signifiant d’un signe ne détermine pas son signifié (ainsi dans l’expression acoustique « crâne ». le signifiant a un signifié très différent selon le locuteur et l’auditeur -, le signifié sera un « crâne » pour un francophone mais un « robinet » s’il s’agit d’un néerlandophone (kraan) ou d’un russophone). Il en est de même du signifié qui ne détermine, pas non plus, son signifiant. Il existe cependant une exception : ce sont les onomatopées (tic. tac. wah-wah, cocorico) où il existe une relation directe entre le signifiant et le signifié (bien entendu, cette relation n’existe que dans le champ phonétique d’une langue puisque les onomatopées ne sont pas rendues strictement de la même manière dans différentes langues pour les raisons ). À titre d’anecdote, signalons que l’étude des onomatopées se révèle très utile pour le linguiste dans de nombreuses occasions. Ainsi, pour ce qui nous concerne, on ne sait pas exactement comment les Grecs prononçaient certains mots (très vraisemblablement pas de la même manière que les Hellènes modernes). C’est l’étude des onomatopées qui nous a renseigné dans de nombreux cas car on se doute bien que la vache de l’Antiquité faisait meuh-meuh de la même manière que la vache moderne, son « langage » n’étant pas conditionné par les lois de la phonétique. Lorsqu’on trouve cette onomatopée écrite dans un texte ancien, on peut ainsi en déduire la manière dont les Grecs prononçaient ce qui est écrit. Le problème de l’arbitraire du signifiant/signifié n’est pas un problème neuf puisqu’on en trouve déjà l’évocation dans un dialogue de Platon (Cratyle. un texte rédigé quatre siècles avant l’ère commune).Ferdinand

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