L’enlèvement de Coré

> > L’enlèvement de Coré ; écrit le: 17 mars 2012 par La rédaction

La jeune fille court dans les champs verdoyants, s’arrêtant çà et là pour cueillir des fleurs multicolores. Insouciante, elle rit, sans se douter que, tout proche d’elle, debout sur son char que dissimule un bosquet, quelqu’un la guette. Il s’agit d’Hadès, le dieu des morts et des mondes souterrains. Ce sinistre personnage, sombre et inquiétant, n’a jamais pu trouver une déesse acceptant de l’épouser. Il a donc jeté son dévolu sur la jeune fille joueuse, Coré, l’unique enfant de Déméter, déesse des blés et des moissons. Avide, il l’épie encore un moment tandis qu’elle se rapproche de lui, et, soudain, dans un brutal crissement de roues, il lance son char à toute vitesse, saisit Coré par la taille et l’entraîne dans le lointain. Un berger et un porcher qui, à proximité, gardaient leurs troupeaux, voient avec effroi passer le bolide tiré par des chevaux noirs. Brusquement, dans un fracas immense et tumulteux, la terre s’ouvre et le char s’y engloutit. Sans tenir compte des cris de détresse de l’innocente Coré, Hadès vient de la conduire sous terre, dans le triste royaume des Enfers. Le soir est tombé, et, ne voyant pas revenir sa Déméter est en proie à une inquiétude croissante. B: elle se met à battre la campagne pour retrouver Coré . à sard lui fait rencontrer les deux témoins qui, terrorist apprennent ce qui est arrivé. Leurs récits sont malheui ment des plus clairs : Déméter reconnaît le ravisseur d enfant et se désespère car elle imagine mal commen pourrait triompher de l’implacable Hadès. frère de Zeu; comble du désarroi, elle continue à errer à la surface Terre. Folle de douleur, elle interdit aux herbes, aux ar aux fruits, aux céréales de pousser. L’espèce humaine l’espace de quelques semaines se voit menacée de fan Des chaumières comme des palais montent des lamentat déchirantes. Les hommes dressent un poing vengeur ver; cieux, les femmes gémissent, les enfants pleurent. Entent ces cris de douleur, Zeus s’inquiète puis s’alarme. Il en plusieurs dieux pour calmer la douleur et la colère de Déi ter et lui demander de faire renaître la végétation. Ct déesse refuse avec emportement : aucune plante ne pouss tant que Coré, ne lui sera pas rendue.

Inquiet, Zeus envoie alors son messager, le rapide et sagace Hermès, pour qu’il tente d’arranger cette pénible affaire. A Hadès, Hermès ordonne de ramener Coré à sa mère. A celle-ci, il annonce que sa fille la rejoindra, à condition que, durant son séjour aux Enfers, elle n’ait pas encore touché à la nourriture des morts. Or, depuis son enlèvement, la pauvre jeune fille n’a strictement rien mangé : elle passe son temps à pleurer et gémir, effrayée par l’horrible spectacle de  l’endroit où elle est retenue contre son gré. Devant le messager de Zeus, Hadès, malgré sa colère, se voit obligé de céder. Il envoie chercher Coré et lui annonce, en dissimulant mal sa déception : “Tu es malheureuse chez moi et ta mère se languit de toi. Je vais donc te rendre à son affection.” Ces mots apaisent le chagrin de Coré. Elle sèche ses larmes et se montre si joyeuse qu’elle embrasserait presque le sombre Hadès. Ce dernier ordonne qu’on prépare le char d’Hermès et il y fait monter la belle. Les chevaux piaffent ; le cocher L’apprête à les faire partir. C’est alors que l’un des jardiniers d’Hadès s’approche, et, avec un sourire sardonique, déclare: “Tout à l’heure, j’ai vu Coré cueillir une grenade dans le verger. Elle en a mangé sept grains : je les ai comptés !” Ainsi, la malheureuse a goûté, très légèrement il est vrai, les aliments des morts. Baissant la tête, elle l’admet, tandis qu” Hadès sourit, intérieurement satisfait. Sans attendre, il bondit sur le char, emmenant son témoin avec lui, et accompagne Hermès et Coré à Eleusis, à l’Est de la Grèce, où réside Déméter. Celle-ci, radieuse de bonheur, peut enfin serrer dans ses bras l’enfant qu’elle pensait avoir perdu à tout ja-mais. Sa joie est pourtant de courte durée car Hadès, fielleux, lui apprend l’incident de la grenade et en appelle au témoignage de son jardinier et à l’aveu de Coré elle-même. La nouvelle bouleverse Déméter. En proie au plus violent chagrin, elle s’écrie :

“Puisque je ne reverrai plus ma fille, je maintiendrai la malédiction que j’ai jetée sur la terre ! A tout jamais le sol sera stérile !” Dans sa sagesse, Zeus propose alors une solution : durant trois mois de l’année, Coré restera sous terre avec son époux Hadès. Elle portera alors le nom de Perséphone, c’est-à-dire “celle qui cause la destruction”. Les neuf autres mois, elle tiendra compagnie à sa mère. Cet arrangement est accepté par tous, bien qu’il ne satisfasse complètement personne. C’est pourquoi, depuis,

Déméter, joyeuse au printemps et en été, car Coré est près d’elle, couvre la terre d’une végétation luxuriante et variée. Quand vient l’automne, les feuilles jaunissent et les plantes cessent de croître : en effet, Coré va bientôt partir et Déméter s’attriste. Quand sa fille est devenue l’inquiétante Perséphone, désespérée, la déesse maudit le sol et plus rien ne pousse durant les trois mois que les hommes nomment hiver.

← Article précédent: La colère de Zeus Article suivant: Les oreilles du roi Midas


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles de tout le site