Les Amériques : Les peuples “précolombiens”

> > Les Amériques : Les peuples “précolombiens” ; écrit le: 13 février 2012 par La rédaction

Les mythologies des indiens de l’actuel Mexique, de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud remontent au-delà des expéditions de Christophe Colomb et de ses successeurs. Elles traduisent l’angoisse d’une population hantée par la fatalité des catastrophes naturelles. Au XVIe siècle, ces peuples ont été colonisés et christianisés par les conquérants espagnols et portugais.

Un dieu unique, Hunab Ku, est à l’origine de leur panthéon ; il est bouche et yeux du soleil ; il a pris pour épouse la déesse de l’Eau

Les Mayas du Yucatan

Peuple de paysans apparus au sud du Mexique dès l’an 2000 avant J.-C., les Mayas vénèrent surtout des divinités agraires, responsables de la fécondité du sol.

Un dieu unique, Hunab Ku, est à l’origine de leur panthéon ; il est bouche et yeux du soleil ; il a pris pour épouse la déesse de l’Eau.

Le dieu du Ciel, du Jour et de la Nuit, Itzamna, assure la fertilité des campagnes ; il a enseigné aux hommes l’écriture et créé les fondements de la civilisation ; il rend la santé aux malades.

Chac, dieu de la Pluie et du Tonnerre, issu tout à la fois des quatre points cardinaux, a inculqué aux premiers hommes les principes et les techniques agricoles.

Parmi les animaux investis d’un pouvoir surnaturel, le jaguar joue un rôle important ; il est associé au monde des Enfers.

L’univers des Aztèques

Les dieux, selon les croyances en vigueur au Mexique à l’époque aztèque (xivc siècle de notre ère), ont successivement créé plusieurs mondes, chaque fois anéantis.

Le premier, formé sous un Soleil d’escarboucles, disparut dans des cataractes torrentielles ; les quelques êtres humains qui survécurent devinrent poissons. Le deuxième monde, constitué sous un Soleil de feu, fut détruit par des jets de flammes, et les hommes furent changés en divers animaux. Le troisième monde, né sous un Soleil noir, fut englouti à la suite d’un tremblement de terre, et les hommes furent dévorés par les bêtes sauvages. Le quatrième monde, apparu sous le Soleil de l’air, s’acheva par la métamorphose des hommes en ouistitis. Enfin, un cinquième monde fut créé, qui connut le Déluge universel : seuls un homme et une femme parvinrent à gagner le sommet de la montagne et évitèrent l’extermination ; ils repeuplèrent la terre ; la terre telle que devait la connaître et la travailler le peuple aztèque.

Les divinités des Aztèques

Les Aztèques adorent une multitude de divinités, d’autant plus nombreuses qu’ils adoptent les cultes des peuples dominés. Leurs dieux se repar­tissent la surface de la terre selon les quatre points cardinaux.

Tezcatlipoca (Miroir fumant), qui résidé dans le secteur Nord, a régné sur le premier des mondes disparus. Il est le symbole de la Grande Ourse et du ciel nocturne. Son miroir d’obsidienne lui permet de tout connaître, les actes et les pensées ; il peut distribuer récompense ou châtiment. C’est lui qui a institué les sacrifices humains.

Quetzalcoatl, le Serpent à plumes, est le dieu créateur et conservateur de la vie ; il est le seigneur de la terre, de l’air et de l’eau. Divinité toltèque, il a donné de justes lois à son pays et y a fait régner l’âge d’or. Ses sujets lui ont dû de savoir cultiver les céréales, pratiquer les techniques et les arts, connaître le mouvement des astres. Grâce à lui, ils ont appris a écrire et à mesurer le temps.

Or, hostile aux sacrifices humains, Quetzalcoatl a suscite la haine de Tezcatlipoca, qui l’a contraint à l’exil et au bûcher : de son corps consume jaillit alors son cœur vers le ciel ; c’est ainsi qu’il devint l’étoile du berger.

Huitzilopochtli, ne tout arme, est le dieu de la Guerre et du Soleil de midi. Son nom signifie Colibri du Sud, car il règne sur ce quartier, et l’une de ses jambes s’orne du plumage de l’oiselet. Il guide et protège les voyageurs de la tribu.

Tlaloc est un dieu de la Pluie, plus ou moins clément, selon son humeur. Autre divinité de la Pluie, mais de l’Ondée bienfaisante, Xipe Totec est le

seigneur du Printemps et de la Renaissance de la nature.

Divinité également du Renouveau, la belle Tla- zolteotl est déesse de la Volupté.

Xiuhtecuhtli, le plus ancien du panthéon aztèque (le « Vieux dieu », ridé et édenté), est le très précieux gardien du feu et du foyer.

Les Aztèques croyant que l’univers disparaîtra s’ils ne peuvent ou ne veulent offrir leur sang, la plupart des cultes – et non pas seulement celui de Tezcatlipoca – exigent de barbares immolations.

Après la mort, les âmes sont introduites au séjour souterrain des neuf rivières, où elles jouissent de la paix éternelle.

Les Incas du Pérou

Installés au Pérou a partir du xf siècle de notre ère, les Incas imaginent qu’au-dessus de la terre s’élèvent quatre étages de ciel. Létage supérieur étant la résidence du dieu suprême, le Soleil.

Le Soleil a pour épouse la Lune. Autour d’eux gravitent les divinités célestes : tonnerre, arc-en- ciel, planètes, étoiles et comètes, ces dernières étant chargées de révéler le courroux des dieux.

Pour les Incas, le Soleil a deux fils : Viracocha, dieu des Eaux, et Pachacamac, dieu du Feu. Vira­cocha a fixé son séjour dans le lac Titicaca ; il a épousé sa sœur, déesse de la Pluie. C’est lui qui a donné ses formes à la terre et a crée l’humanité. Il a initié celle-ci aux lois et aux méthodes de l’agriculture. Son œuvre accomplie, il a gagne la mer et s’est alors soustrait a la vue des hommes.

Pachacamac entreprit alors de remanier le monde existant et de transformer les hommes créés par son frère. Il leur lit découvrir les arts et d’autres métiers que ceux des champs.

Les Incas sont les enfants de Pachacamac. Ils s’honorent d’être descendants du Soleil. Ils adorent le Maître du Jour mais craignent ses colères : celles- ci se manifestent à eux tout particulièrement par les éclipses.

Les Incas croient à une vie d’outre-tombe. Le dieu sinistre qui règne dans les profondeurs sans soleil est un insatiable collectionneur de victimes. Aussi cherche-t-on à assouvir ses convoitises en sacrifiant chaque année une centaine de jeunes enfants.

On a retrouvé en 1995, emprisonné dans les glaces d’un mont du Pérou, le corps d’une fillette de treize ans, agenouillée, environnée de nombreuses offrandes : feuilles de coca, céramiques, statuettes dorées. La fillette, voici plus de cinq siècles, avait été sacrifiée aux dieux incas.

Les Tupinambas du Brésil

Selon les Tupinambas, importantes tribus indiennes fixées en Amazonie, en bordure de l’Atlantique, le premier créateur de l’univers, Monan (l’Ancien), finit par anéantir son œuvre sous les eaux et par les flammes.

Un second créateur, Maire-Monan (le Transformateur), intervint, communiquant aux hommes la science du gouvernement et la maîtrise de l’agriculture.

Juge implacable des fautes humaines, il avait le pouvoir de transformer les coupables en animaux. Tes hommes résolurent alors de le supprimer. Ils le convièrent à une fête, où il fut dévoré par le feu. T’explosion de son crâne, entouré d’éclairs, produisit le tonnerre. Élevé au ciel et métamorphosé à son tour, il devint une étoile.

L’univers des Tupinambas fourmille de démons, d’esprits malfaisants ou bienveillants et de feux follets.

Après la mort, l’âme est accueillie dans un paradis, où la jeunesse succède à la vieillesse et où croissent sans effort plantes et fleurs.

Les Tupinambas, eux aussi, racontent maintes légendes relatives au Déluge. Deux frères jumeaux, l’un bon, l’autre méchant, à force de se quereller déclenchèrent le jaillissement et le débordement d’une source surnaturelle. L’humanité disparut tout entière sous les eaux, à l’exception des deux frères et de leurs épouses, qui reconstituèrent la race humaine : deux peuples qui, à l’image des deux frères, passeront leur temps à s’affronter.

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