L'orient ancien : histoire d'Osiris, le dieu bon ressuscité
L’histoire d’Osiris, le dieu bon assassiné par son frère puis ressuscité, est le mythe central de la religion de l’Égypte ancienne. Roi civilisateur devenu souverain du royaume des morts, Osiris incarne la promesse d’une vie après la mort offerte, avec le temps, à chaque Égyptien. Son récit, conservé par fragments dans les textes égyptiens et raconté en entier par l’auteur grec Plutarque, est aussi celui de la fidélité d’Isis et de la revanche de leur fils Horus.
Une famille divine
Osiris est le fils aîné de Geb, la terre, et de Nout, le ciel. Il a pour frère Seth, dieu des déserts, de l’orage et du désordre, et pour sœurs Isis, qui devient son épouse, et Nephthys, épouse de Seth. Devenu roi, Osiris apprit aux Égyptiens à cultiver le sol, à faire le pain et le vin, et leur fit connaître les bienfaits de la civilisation, les lois et le culte des dieux. Son règne est celui d’un âge d’or.
Le crime de Seth
Affreusement jaloux de son frère, Seth n’hésita pas à le tuer. Selon la version de Plutarque, il fit fabriquer un coffre magnifique aux mesures exactes d’Osiris et promit, au cours d’un banquet, de l’offrir à celui qui s’y tiendrait parfaitement ; quand Osiris s’y allongea, les conjurés refermèrent le couvercle et jetèrent le coffre dans le Nil. Isis le retrouva jusqu’à Byblos, sur la côte phénicienne, et le ramena en Égypte. Seth, tombant sur le corps, le dépeça alors et en dispersa les morceaux en divers points de la vallée du Nil.
La quête d’Isis et la première momie
Dans la plus grande détresse, Isis se mit à parcourir le pays au long du fleuve, aidée de sa sœur Nephthys, jusqu’à ce qu’elle eût réussi à rassembler les lambeaux dispersés ; chaque lieu de découverte devint, selon la tradition, un sanctuaire d’Osiris. Avec l’aide d’Anubis, le dieu à tête de chacal, elle reconstitua le corps et l’enveloppa de bandelettes, réalisant ainsi la première momie. Par ses pouvoirs magiques, elle rendit un souffle de vie à son époux et conçut de lui un fils, Horus, qu’elle éleva en secret dans les marais du Delta pour le soustraire à Seth.
Horus, l’héritier
Devenu adulte, Horus réclama l’héritage de son père devant le tribunal des dieux et affronta Seth dans une longue série de combats et de ruses, au cours desquels il perdit un œil, restitué ensuite et devenu un puissant symbole de protection. Les dieux finirent par lui donner raison : Horus hérita des attributions de son père sur la terre d’Égypte, et chaque pharaon vivant fut désormais considéré comme un Horus, tandis que le roi défunt s’identifiait à Osiris.
Osiris, souverain de l’au-delà
Ressuscité, Osiris ne revint pas régner parmi les vivants : il devint le roi du monde souterrain, la Douat. C’est devant lui que se déroule le jugement des morts, où le cœur du défunt est pesé sur une balance face à la plume de Maât, déesse de la vérité et de la justice. Les justifiés rejoignent les champs de l’au-delà ; les autres sont anéantis. Le dieu est représenté sous la forme d’une momie au visage vert ou noir, couleurs de la végétation et du limon fertile, coiffé de la couronne atef et tenant le crochet et le fléau, insignes de la royauté.
Un culte pour tous
La crue annuelle du Nil et la germination du blé étaient lues comme le renouvellement du mythe : Osiris meurt et renaît avec la nature. Son principal sanctuaire, Abydos, attirait des pèlerins de toute l’Égypte, qui assistaient à des représentations de sa passion. D’abord réservée au roi, l’identification du défunt à Osiris s’étendit au fil des siècles à l’ensemble des Égyptiens, ce qui explique le développement de la momification et des rites funéraires. À l’époque gréco-romaine, son culte, associé à celui d’Isis, se répandit dans tout le bassin méditerranéen.

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