L'orient ancien : Le héros Gilgamesh
Gilgamesh est le héros le plus célèbre de l’Orient ancien : roi légendaire de la cité d’Uruk, en Mésopotamie, il est le personnage central de l’Épopée de Gilgamesh, l’une des plus anciennes œuvres littéraires connues. Son histoire raconte l’amitié, la quête de gloire, puis la recherche désespérée de l’immortalité. Un roi de ce nom a peut-être régné à Uruk dans la première moitié du IIIᵉ millénaire avant notre ère, mais le héros de l’épopée relève de la légende.
Les sources de l’épopée
Des poèmes en sumérien racontant des épisodes de la vie de Gilgamesh circulaient dès le début du IIᵉ millénaire avant notre ère. Ils ont été réunis et transformés en un long récit en akkadien. La version la plus complète, dite « version standard », en douze tablettes, est attribuée à un lettré nommé Sîn-lēqi-unninni. Elle est connue surtout par les tablettes retrouvées au XIXᵉ siècle à Ninive, dans la bibliothèque du roi assyrien Assurbanipal. Le récit s’ouvre sur l’éloge de celui « qui a tout vu ».
Le récit
L’épopée suit plusieurs étapes :
- Gilgamesh, roi tyrannique, opprime son peuple ; les dieux créent pour lui faire contrepoids Enkidu, homme sauvage qui devient son ami ;
- les deux compagnons partent pour la forêt des Cèdres et tuent son gardien monstrueux, Humbaba ;
- Gilgamesh repousse les avances de la déesse Ishtar, qui envoie contre lui le Taureau céleste, que les deux amis abattent ;
- les dieux décident la mort d’Enkidu ; bouleversé, Gilgamesh découvre la peur de mourir et part en quête de l’immortalité.
La quête de l’immortalité et le Déluge
Gilgamesh rejoint Uta-napishti, le seul homme à qui les dieux ont accordé la vie éternelle. Celui-ci lui raconte comment il a survécu au Déluge en construisant un bateau sur l’ordre d’un dieu. Ce récit présente de nombreuses ressemblances avec celui de Noé dans la Bible ; sa découverte par l’assyriologue George Smith, en 1872, eut un grand retentissement. Uta-napishti révèle ensuite à Gilgamesh l’existence d’une plante qui rend la jeunesse. Le héros la cueille au fond des eaux, mais un serpent la lui dérobe pendant qu’il se baigne. Gilgamesh rentre à Uruk les mains vides et contemple les murailles de sa ville : la seule immortalité accessible à l’homme est celle de ses œuvres.
Une tablette supplémentaire, la douzième, ajoute un épisode où Enkidu descend aux Enfers et ne peut en revenir ; Gilgamesh obtient seulement de converser avec son ombre, qui lui décrit le triste sort des morts.
Un héros universel
On a souvent comparé Gilgamesh à l’Héraclès des Grecs, l’Hercule des Romains, pour ses exploits contre des monstres et son destin de demi-dieu. Mais l’épopée est avant tout une méditation sur la condition humaine, la perte d’un ami et l’acceptation de la mort. En français, la traduction commentée de l’assyriologue Jean Bottéro, parue en 1992, a beaucoup contribué à la faire connaître.



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