Un site du réseau encyclopédique Savoir.fr
➔ HISTOIRE ET ARCHEOLOGHIE

Pénélope

Vous êtes ici : » » Pénélope ; écrit le: 17 mars 2012 par La rédaction

PénélopeSon nom seul évoque l’amour et la fidélité conjugale. La reine Pénélope est la femme d’Odysseus, c’est-à-dire d’Ulysse, le roi de l’île d’Ithaque, le grand héros grec de l’Antiquité. Avec lui, elle a eu un fils, Télémaque. Pénélope est encore une toute jeune mère lorsque Ulysse quitte le royaume pour partir à la guerre, la grande guerre de Troie. Elle ne se doute pas que l’absence de son époux va durer très longtemps, vingt ans exactement !

Pendant tout ce temps, Pénélope va attendre le retour d’Ulysse. Elle va l’attendre sans jamais cesser de l’aimer. La tâche n’est pas facile. Autour d’elle, de nombreux prétendants se pressent. Convoitant le trône d’Ithaque, ils font preuve d’une audace de plus en plus grande et affirment qu’après une si longue absence, Ulysse ne reviendra jamais. Et ils somment Pénélope de choisir parmi eux un nouvel époux.



Mais Pénélope tient bon. Sans se décourager, elle repousse inlassablement leurs avances. Elle use de toutes les ruses pour gagner du temps. Elle leur dit qu’elle doit terminer de tisser le linceul de son beau-père, Laërte, avant de pouvoir faire un choix. Et ce qu’elle tisse le jour, elle le défait secrètement la nuit. Si bien que l’ouvrage n’est jamais vraiment terminé.

Un mendiant méconnaissable

Combien de temps Pénélope pourra-t-elle encore tenir ? Plus très longtemps sans doute. L’une de ses servantes a compris son stratagème. Elle a dénoncé sa maîtresse. Et les prétendants, odieux, en profitent pour se faire plus pressants encore. Pénélope est au désespoir.

Ce qu’elle ignore, c’est qu’Ulysse a fini par rentrer à Ithaque. Oui, il est enfin de retour, à l’insu de tous. Car Athéna, qui veille sur lui, l’a provisoire¬ment transformé en un vieux mendiant méconnaissable. Seul Télémaque est dans la confidence. Hébergé chez un porcher du nom d’Eumée, Ulysse y a rencontré son fils.

À ce moment, Athéna l’a touché de sa baguette d’or et lui a, pour un temps, redonné son apparence véritable.
Télémaque a reconnu son père. Quelle émotion ! Ils pleurent tous deux, dans les bras l’un de l’autre. Puis Ulysse explique son plan à Télémaque. C’est un plan que lui a soufflé Athéna pour chasser les prétendants et retrouver Pénélope. Pour cela, il doit reprendre son apparence de vieillard et se présenter le lendemain au palais.

Une cicatrice sur le pied droit

Aux portes du palais, Ulysse est reconnu par son vieux chien, Argos, qui couche les oreilles et remue la queue. C’est bien le seul qui lui fasse fête. Au palais, les prétendants l’insultent et l’humilient. Antinoos est le pire d’entre eux. Refusant l’hospitalité à Ulysse, il saisit un tabouret qu’il lui lance sur l’épaule. Ulysse reste de marbre, mais “roule la vengeance au gouffre de son cœur”. C’est alors qu’apparaît Pénélope. Elle fait venir à elle ce mendiant qui lui inspire de la pitié. Il semble avoir beaucoup voyagé. Peut-être a-t-il des nouvelles d’Ulysse ? Justement, l’étranger raconte qu’il a croisé son chemin, en Crète, alors qu’Ulysse et ses camarades faisaient route vers Troie. Pénélope le harcèle de questions. Puis elle fond en larmes. Ulysse contemple sans ciller la douleur de sa femme. Il teste son amour et sa persévérance. Il va même jusqu’à lui prédire qu’Ulysse reviendra bientôt. Pénélope est bouleversée. Si ce mendiant pouvait dire vrai ! En attendant, elle ordonne qu’on lui lave les pieds, comme on fait aux hôtes de marque. Elle appelle Euryclée, une vieille servante qui fut autrefois lanourrice d’Ulysse. Euryclée se baisse, saisit les pieds de l’étranger et, d’émotion, renverse la bas-sine. Elle vient de reconnaître une cicatrice qu’Ulysse avait au pied. C’est donc lui, son maître, qui est revenu. Ses yeux s’emplissent de larmes, mais Ulysse lui demande de garder le secret : il n’a pas encore mis son plan à exécution.

Ensemble, enfin

Son plan, c’est toujours Athéna qui le lui dicte. Elle vient de souffler à Pénélope – qui ne se doute de rien – d’aller chercher le grand arc d’Ulysse. Pénélope ne peut plus ruser avec les prétendants. La mort dans l’âme, elle doit désormais les départager. Et elle vient d’avoir une idée : celui qui pourra bander l’arc d’Ulysse gagnera sa main. Un à un, les prétendants saisissent l’arc et essaient de le tendre. Sans succès. Alors qu’Ulysse s’avance et demande à concourir, tous se moquent de lui : comment ce vieillard en loques peut-il prétendre avoir la force nécessaire ? Une fois de plus Pénélope intervient. Et quelle n’est pas sa surprise de voir le vieil homme se redresser peu à peu, puis tendre sans effort le grand arc !

Se débarrassant de ses loques, Ulysse jette alors son masque.
– Fini les jeux, dit-il en prenant son carquois.

Et, visant Antinoos au moment où celui-ci s’apprête à boire, il lui décoche “la flèche d’amer-tume”. Antinoos est frappé à la gorge. La pointe de la flèche ressort par sa nuque. Un flot de sang épais jaillit de ses narines. Devant l’assemblée médusée, Antinoos s’écroule à la renverse.

La panique saisit les prétendants qui cherchent à s’emparer d’une arme.
– Chiens, leur crie Ulysse vengeur. Vous pensiez que je ne reviendrais jamais. Vous pilliez ma maison. Vous entriez de force au lit de mes servantes ! Et vous faisiez la cour, moi vivant, à ma femme, Vous voilà maintenant dans les nœuds de la mort !

Une autre flèche part aussitôt et un autre prétendant tombe. Puis un autre et encore un autre. Un à un, Ulysse les élimine, jusqu’au dernier.

Alors Pénélope s’approche. Elle le regarde longuement. Elle scrute son visage. Se pourrait-il que… ? Mais elle ne reconnaît pas Ulysse. Elle ne recon¬naît pas, sous ces haillons, l’époux de sa jeunesse. Alors, Ulysse lui raconte les secrets qui n’appartiennent qu’à eux. Il lui donne tant de détails que, peu à peu, Pénélope sent son cœur se dérober.

S’élançant vers lui, elle lance ses bras blancs autour du cou d’Ulysse et se met à pleurer. Pendant qu’ils échangent de douces paroles, Euryclée, la nourrice, prépare leur lit à la lueur des torches.

Le lendemain, lorsque paraîtra l’aurore aux doigts de rose, comme l’appelle Homère, elle les trouvera enlacés, pleurant et riant tout à la fois. On dit qu’Athéna avait eu l’idée d’allonger la nuit pour célébrer leurs retrouvailles

Vidéo : Pénélope

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Pénélope

← Article précédent: Article suivant:

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles